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Je vous écris ce soir depuis le train qui me ramène à Roanne.

Actualité publiée le 10/12/2024 à 15:41

Les mots me manquent pour vous décrire ce que j’ai vécu à Paris depuis lundi. Alors que notre pays s’enlise dans une crise globale, l’Assemblée nationale a décidé ce soir d’en rajouter en votant la censure. Cela n’était pas arrivé depuis 1962. Ce n’est ni anodin ni commun. C’est une décision historique. Je ne sais pas ce qui nous attend désormais. J’espère sincèrement le moins grave. Mais j’ai une certitude. Cela va de nouveau enrayer l’action de l’Etat pour la seconde fois cette année après la dissolution. Il faut bien comprendre que l’absence de budget comme l’absence de gouvernement ne peuvent permettre de résoudre nos problèmes. Comment soutenir nos agriculteurs, rétablir l’ordre, répondre aux fermetures d’usine, trouver plus de médecins, apporter de la stabilité à nos entreprises sans budget et sans gouvernement ? Comment financer cela sans économies et sans efforts ? Pourquoi affaiblir encore davantage la France alors que la guerre est aux portes de l’Europe et que notre influence diminue chaque jour dans le Monde ? Oui, tout cela m’inquiète. Je tais la colère qui est en moi. Elle n’est jamais bonne conseillère et l’heure est trop grave pour critiquer ou juger les uns et les autres. Qu’on le soutienne ou non, Michel Barnier aura d’ailleurs montré ce soir ce qu’était la dignité d’un homme d’Etat. Il nous faut maintenant affronter l’avenir. Ce n’est pas simple car depuis la dissolution, la France n’a plus de majorité. C’est pourquoi, plus que jamais, je tiendrai mon engagement : toujours mettre l’intérêt de la France au dessus de tout. Pour débloquer le pays, il n’y a qu’une solution : travailler et réfléchir ensemble. Nous n’avons pas le choix, au moins jusqu’à la prochaine dissolution. Et pour cela, chacun doit arrêter de regarder le passé ou d’avoir les yeux rivés sur la prochaine présidentielle. Nous devons simplement regarder la France de 2024. Et rechercher collectivement des solutions pour vous, pour nous, pour nos enfants, pour l’avenir de la France. Oui, c’est fou, mais je crois encore (un peu) au sursaut. La France est trop belle pour être abandonnée aux forces du chaos.